Septembre 2014_

 

Vers un urbanisme B.A.N.A.N.A ?

 

L’espace public issu de l’éco-cité, privilégie la biodiversité et un partage plus équitable entre les usages. Les principes de développement durable proposent une concertation et une écoute plus importante des riverains pour nourrir le projet.

 

Ces « éco-aménagements » deviennent l’expression opérationnelle d’une nouvelle qualité de vie voulue par les habitants et les acteurs locaux. Ils sont la réponse au signe d’un stress ou d’une crainte, d’une perte de qualité ou plus souvent, du ras-le-bol devant une situation d’inconfort qui perdure sur l’espace de tous. Cette démarche d’espace public «durable» découle de l’éruption des controverses d’usagers et ouvre de violents débats comme nous l'explique le sociologue Gilles Sénécal : « une guérilla locale à livrer immédiatement pour ne pas se retrouver avec des usagers indésirables dans son quartier ou pire, devant sa propre fenêtre ».

 

Ces situations traduisent une crispation des relations de proximité que nous pouvons régulièrement voir apparaître dans des réunions publiques ou avec des associations de riverains extrêmement puissantes comme nous explique Jean-Yves Authier. Un des cas symboliques de cette crispation est actuellement le projet des « Halles » à Paris où un débat « d’avocats » et de recours sont lancés entre la Municipalité et l’association des riverains. Ce projet emblématique d’espace public, avec une imposante canopée en acier et en verre, en plein centre de Paris se retrouve « attaqué». Les désaccords sur le rôle de l’espace public ont toujours existé. Cependant nous remarquons que les conflits entraînent des réactions extrêmes comme des recours juridiques (Cf. les halles) ou des actions coup de poing comme avec le Stade des Alpes à Grenoble ou le projet ferroviaire Stuttgart 21 en Allemagne. Les opposants à ces projets n’hésitent pas à se mettre en péril en utilisant leurs corps comme rempart pour imposer leurs visions de l’urbain.

 

Nous pouvons nous interroger sur ce syndrome NIMBY (Not In My Back Yard) qui tend à devenir ce qu’appelle, non sans humour, Gilles Sénécal, le BANANA -Build Absoluty Nothing Anywhere Near Anything- . En effet, la communauté au sens large semble être d’accord avec les principes du développement durable comme en atteste les sondages mais elle n’est pas encore prête à les voir se développer opérationnellement chez elle, par crainte.

 

Pour expliquer cette situation, nous tablons sur incompréhension entre les usagers, les décideurs publics et les techniciens. Passer du stade de la simple concertation, qui s’approche plus de l’information, à de la participation proposant une implication citoyenne, permettra de rassurer les usagers. Le projet deviendra celui de tous et son acceptation en sera que facilitée. Pour ce faire, un troisième poids au duo maitrise d’œuvre / maitrise d’ouvrage tend à émerger: la maîtrise d’usage.

 

«Tu me dis, j’oublie.

Tu m’enseignes, je me souviens.

Tu m’impliques, j’apprends

Benjamin Frankin

 

 

 A. S. pour BAMcollectif

Manifestation contre le projet férroviaire Stuttgart 21