Nous avons vu, dans un article précédent, que le syndrome « Nymbiste » ou le « B.A.N.A.N.A »  est un frein au développement durable si la participation des futurs  usagers se résume à de simples réunions publiques. Cette démarche appliqué à l’habitat se nomme « logement participatif »,  «cohabitat » ou encore  « co-housing » et nous allons regarder très rapidement comment cela fonctionne.

Logement Participatif, Kesako ?

Le logement participatif, le cohabitat ou encore le co-housing est une forme d’habité qui met les relations sociales au cœur de la pratique. Il est durable au sens des 3 piliers puisqu’il est acteur d’une sociabilité,   souvent écologique et économique car dense/optimisé. Nous commençons à retrouver tout doucement cette forme d’habité en France mais c’est dans les pays scandinaves que la pratique est la plus développée. Ces derniers vont généralement plus loin car ils dépassent le cadre du simple logement pour s’appuyer sur de véritables quartiers. Ce modèle urbain s’appuie sur un voisinage choisi, sur des équipements mutualisés, sur une gestion interne innovante ; chaque personne a le même poids décisionnel dans la copropriété etc.   Ces partis pris se traduisent dans la forme bâtie par des salles ou des maisons communes qui « ancrent » une communauté. Les liaisons entre les logements se font par des petites venelles afin de favoriser les contacts informels et les voitures n’ont pas leur place sur l’espace public tout au contraire du vélo, souvent omniprésent.   Au niveau de la vie quotidienne, les repas sont parfois pris en commun et font partie de la vie du cohabitat. Ils sont souvent organisés  à des rythmes précis, chaque semaine, chaque mois... L’entretien se fait en organisant des journées où toute la communauté met « la main à la pâte ».  En ce qui concerne la sphère privée, de véritables appartements existent avec des salles de bains, des chambres, des chambres d’amis, des petites cuisines...Pour tout ce qui est de la buanderie, des équipements d’entretien, des salles des fêtes, des grandes cuisines, des jardins, des potagers, ces espaces sont au maximum mutualisés. 

En conclusion l’habitat groupé désigne des groupes d’habitants réunis sous forme associative ou coopérative. La mutualisation communautaire des matériels, des compétences, de certains aménagements ou encore des tâches ménagères  est au cœur de ce concept mais chaque foyer conserve pleinement son intimité.

 

Première approche concernant le logement participatif

 

 

 

 

Août 2017

 

 

 

 

Principe de l’habitat participatif : http://www.frituremag.info

Demain, l'habitat participatif - FUTURE - ARTE

Première approche technico-administrative

Le Co-habitat, comme tout projet alternatif, se retrouve avec une gouvernance complexe dès la recherche du terrain. Les rôles entre la maîtrise d’œuvre (MOE) et la maîtrise d’ouvrage (MO) ne sont pas hiérarchisés par l’habituelle relation décideur- exécuteur ou aménageur-concepteur. En ce qui concerne la MO, elle n’est pas exercée par des promoteurs ou des grosses structures de type Bailleurs, Société d’Economie Mixte (SEM) ou Société Publique Locale d’Aménagement (SPLA). Les futurs usagers deviennent le Maître d’Ouvrage et managent leur projet de manière autonome. Ici, la « maîtrise d’usage » devient «ouvrage». Le futur habitant n'intervient plus en fin mais au début de cycle.

Pour faire le lien entre les demandes des usages et les réponses techniques, les maîtres d’œuvres deviennent MOE et AMO (Assistant à la Maitrise d’Ouvrage). La MOE doit, en partenariat avec la MO, préparer le programme architectural tout en le conceptualisant ce qui est dorénavant assez rare. En effet, les concours, les appels d’offres ou autres marchés publics se font généralement sur des programmes fixés par des aménageurs ou des promoteurs. Ce mode de gouvernance, autour des projets alternatifs d’habitat, est certainement le plus représentatif en France. 

Être aménageur ou AMO ne s’improvise pas, c’est un métier complexe et juridiquement difficile à cerner pour des personnes extérieures à ce monde. Il existe cependant quelques municipalités qui impulsent la démarche de résidence « habitat partagé ». La ville de Lille vient de proposer des terrains pour  des opérations de co-habitat. La ville de Nanterre, via l’Etablissement Public d’Aménagement Seine Arche (EPASA), propose un village de  co-habitat pour « permettre l’accession à des classes populaires dans  une démarche de prise en charge par les habitants » ; c’est donc une gouvernance de projet assez nouvelle en France qui manque de pratique ou de retour d’expérience et qui se concentre sur des opérations généralement ponctuelles .Les infrastructures juridiques de pilotage d’opérations sont pour le moment quasi inexistantes ou beaucoup trop chères pour permettre à des coopératives d’habitants de porter une opération d’ensemble : foncier, viabilisation construction, équipements…Cependant, elles vont dans le bon sens de la "durabilité" et responsabilisent l'usager en le faisant participer activement au projet. Il faudra regarder de près comment évolue ce sujet qui pourra à terme proposer des nouveaux modes de fabrication de la "Ville."

 

Exemple de projet Francais en cours : Jardin du Laü, Pau (64) 

https://www.faire-ville.fr/habitat-participatif/projets/les-jardins-du-la%C3%BC-64/

Moment de convivialité : http://habitatparticipatifpicardie.fr