avril 2014_

 

Les piliers de la méthode BAM

 

BAMcollectif s’efforce de développer un urbanisme qu’il qualifie de sensitif.

 

Son application nécessite la mise en place d’une méthode particulière basée notamment sur les concepts de génie du lieu, d’acupuncture urbaine et de processus participatif.

 

L’urbaniste, enserré dans les concepts de ville industrielle, moderne, fonctionnaliste puis durable, rêve de totalité, d’idéal et de contrôle de l’espace. Il part généralement du principe que l’habitant ou l’usager doit s’adapter à la ville qu’il conceptualise pour lui. Le BAMcollectif prétend agir de manière opposée : il cherche à proposer des méthodes sensitives et locales pour inverser les tendances lourdes de la ville marchande. Cette méthode doit être proactive, tout en prenant le contre-pied quasi systématique (chaque fois que cela s’avère possible) de l’urbanisme traditionnel qui rêve de « tabula rasa » et d’ « ex-nihilo ».

 

Faire de l’urbanisme sensitif, c’est s’appuyer sur les forces vives du territoire et les canaliser pour les sublimer. La richesse de l’existant, notamment celle de l’humain, garant du génie du lieu, doit être exploitée afin de mettre en place un projet réellement durable. C’est par cette méthode fine que les problématiques contemporaines de la ville (ségrégation, individualisme mais aussi étalement, disparition des petits commerces, engorgements, etc.) pourront être efficacement traitées et les réponses acceptées.

 

Le BAMcollectif pense ainsi qu’une théorie sortie de l’imagination d’un individu sera toujours inférieure au réel, constitué quant à lui par la lente sédimentation des expériences accumulées. C’est le temps qui fait la ville et non pas le concept qui, même s'il peut aider à la compréhension, reste finalement restrictif et simpliste. Pour s’imprégner de ces réalités, le BAMcollectif vit sur zone pendant la durée de sa mission et met en place un atelier mobile lui permettant d’établir un lien de confiance et d’échanger avec les usagers.

 

La méthode BAM ne peut finalement s’appliquer qu’à partir du moment où le collectif est parvenu à s’imprégner du lieu en le ressentant. Faire de l’urbanisme sensitif implique une capacité à ressentir l’urbain, à comprendre son fonctionnement profond et à prendre en compte la maîtrise d’usage : l’usager est un expert de son lieu de vie. Son implication est capitale dans le processus d’élaboration de projet. C’est cette démarche qui permettra dans un second temps de fabriquer une autre urbanité, plus sensible.

 

 

Nathanaël Merabli pour BAMcollectif